Voici un livre à mettre entre toutes les mains particulièrement celles des présidentiables de 2007.
Un roman à la fois drôle et tragique à l'image de son héro, Silou l'attachant gosse de cité qui ne sait même pas qui il est, il sait juste qu'il « a fait un truc de mal ». Il vit dans une cité « qui produit de l'exclusion, de la rancœur, de l'humiliation et au total des trajectoires extrêmes. ». Un jour, les mecs de « l'organisation » sont venus le chercher, lui ont promis une contrepartie financière s'il acceptait de les aider. Alors, bien sûr « il a accepté. Il n'avait pas des masses d'autres propositions ». Silou a fait sauté une bombe sans se rendre compte de la gravité de son geste et sans savoir comment et pourquoi il en est arrivé là.

« Cités à comparaître» est le premier Roman du jeune Franco-algérien Karim Amellal, 28 ans, maître de conférences à Sciences-Po. Une très belle plume, un style orignal avec un soupçon d'humour.

Il s'agit là d'un beau et intelligent plaidoyer contre l'exclusion sociale, le racisme, le délit des faciès mais aussi contre l'intégrisme religieux et la violence. Il renvoie dos à dos tous les extrêmes, sans concession ni complaisance. La seule victime dans l'histoire est Silou : « J'aurais juste voulu être un homme dans ma vie. Pas un terroriste ».

Un roman très dur, très fort, très poignant.

MAJ: Silou n’est pas mort en attentat suicide. Il a « juste » appuyer sur un bouton et déclenché une explosion comme on le lui a demandé. Il purge une peine de perpétuité en prison d’où il nous raconte son histoire.

- Portrait audio de Karim Amellal sur RFI
- Le blog de Karim Amellal