Jamais je n'avais imaginé pouvoir être à ce point bouleversé. Et pourtant les bombardements et les morts, je n'en ai jamais vu sauf à la télé. Des guerres, il y en avait toujours. Il y en aurait toujours. A commencer par celle, perpétuelle, en Palestine.

Pourquoi cette agression là, me bouleverse tant ? Pourquoi pas les autres ? Pourquoi ce sentiment de tristesse profonde, poignante, terrible… Je ne saurais répondre. L’amertume. Elle est là. Aigue et sans bornes.

Il y a trois semaines, je disais à Jihane qu’à la première occasion je vais au Liban. Que c'est un beau pays, le plus beau des beaux, et qu’il y fait bon vivre. Qu’il est devenu un endroit calme, sans violence et sûr. C’était une semaine avant le déclenchement de la guerre. C’était il y a mille ans ! Maintenant tout s'effondre. Quel gâchis, quel gâchis !

Des fois, et des fois, seulement je me demande que sont devenus nos amis de la rue arabe et de l’Internet musulman qui ont sonné l’hallali et met le monde sens dessus-dessous à cause de simples et médiocres caricatures et qui aujourd’hui brillent par leur silence. J’aurais aimé les entendre crier « Nous sommes Tous Libanais ». Mais ça … je n’avais aucune illusion. Je ne peux veux pas mépriser ces gens-là… pas du tout ...

Je n’ai guère de goût pour le décryptage et l’analyse de ce qui se passe, des rôles des régimes arabes et de la communauté internationale. Je n’ai guère de goût pour crier aux loups ni pour décrire le malheur tel qu’il va et où il va. Car tout s’est figé dans ma tête et tout autour de moi se met à douter. Je piétine.

Je souhaiterais pouvoir dire comme Jean Jaurès : « Ce qui est lutte aujourd’hui est le commencement de la réconciliation de demain. ». Mais j’ai le sentiment que la réalité est toute autre. Amère et déchirante.

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