Trois détenus se sont suicidés à Guantanamo cette prison honte pour l'Amérique et insulte à l'humanité. Qui sont-ils ? De quoi sont-ils coupables ? Quel est leur crime ? On n'en sait rien. Des hommes sans noms, sans visages, sans jugement et sans charges retenues contre eux.

Un suicide qui ne surprend pas tant il est le reflet de cette zone de non droit, inédite dans l'histoire, ce trou noir appelé Guantanamo. Des suspectés capturés en Afghanistan, on ne sait comment, sont maintenus depuis quatre ans en détention sans aucune charge retenue contre eux. Sans explication, sans preuve, sans procès. Les États-Unis ont choisi, au vu et au su du monde, de fouler aux pieds la convention de Genève et le droit international.

Rappelons le, même Eichmann et les SS allemands ont eu droit à un procès. Tortures, sévices, détention arbitraire, mépris des conventions internationales. L'Amérique du petit Bush adopte à Guantanamo toutes les dérives d'un régime fasciste qui n'en fait qu'à sa tête, défiant le monde, prenant ses libertés avec les conventions internationales, bafouant le droit et niant l'humanité des hommes. Elle alimente d'elle même l'antiaméricanisme, fabrique des poudrières dans divers endroits du monde et encourage beaucoup de régimes à suivre ses pas, pratiquer les tortures et pires exactions.

L'Amérique qui se pose, ad nauseum, en défenseur du monde libre ferait bien de balayer devant sa porte pour en finir avec ces méthodes d'un autre âge. En une seule phrase : Fermer Guantanamo, différer ses prisonniers devant des tribunaux ou les libérer. Et ce ne serait qu'un début de justice rendue aux trois suicidés du samedi dernier.



.