Je fais semblant d'aller bien mais je n'ai aucun doute sur l'incapacité de mon parti à gagner les prochaines élections. Les gens ne m'aiment plus comme autrefois. Mais il faut me comprendre aussi : j'ai fait un pari imbécile je me suis mis moi-même dans un piège. J'ai accepté le rôle de figurant dans le gouvernement. Je suis incapable de vous dire ce qu'a a apporté mon parti à la gouvernance du pays par rapport au RNI ou le MNP ni comment j'ai pesé sur le cours des choses durant huit ans de participation gouvernementale. Et alors ? Ce n'est pas moi qui gouverne et ça vous devrez le savoir. Alors lâchez moi un peu avec ça :( .

Je disais donc, avec le peuple d'en bas, c'est pas top. C'est clair. Il faut dire qu'il y a de quoi. J'ai délaissé le terrain politique, j'ai cédé sur les idées et je ne descends plus dans la rue. Il faut aussi dire que depuis que je suis ministre j'ai des difficultés avec les couches populaires : On ne se voit plus, on ne se parle plus, on ne s'entend plus. Comme qui dirait un divorce consommé. Je n'arrive pas à comprendre pourquoi mais j'espère que ça va passer. Vous pensez que j'ai des chances de rebondir ? :(

Maintenant je dois vous faire un aveu. Pour 2007, je ne me sens pas dans une forme exceptionnelle. Je suis à court d'idées, sans différenciation sur le paysage politique, ni projet à l'horizon, je sens que ça ne va pas le faire. Ca ne va pas être la joie, c'est clair. Bon en même temps, il faut relativiser : il n'y a pas mort d'homme à ce que je saches ? Alors pas de prise de tête... Ne me poussez pas à la déprime : les miracles ça peut exister mince ;-( !

Je m'appelle Mohamed El Yazghi, je suis Premier Secrétaire de l'Union Socialiste des Forces Populaires, depuis huit ans je me livre à la prostitution politique. Les gens ont honte de moi, je le sais, mais je ne peux plus m'en passer. Comprenez moi ;-( !

Je suis, sauf votre respect, de gauche. Je ne suis plus que l'ombre de ce que je fus dans le passé. Je suis empêtré par mon incapacité à regarder ce que je suis au présent. J'ai rien pour l'avenir. J'erre sans boussole et je me précipite dans les oubliettes de l'histoire. Mais la vérité, c'est que je m'en moque.

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