Inévitablement, les faits doivent être reconnus : Le lundi 8 Mars, à Rabat, les forces de l’ordre se sont comportées en monstres. Ils ont enfoncés les portes des chambres de la cité universitaire souissi 2, brisé les meubles des étudiantes, vandalisé leurs biens, détruit leurs ordinateurs … Ils ont tout cassé à coups de bâtons. Et qu'à cela ne tienne ! Avec une violence inouïe, ils ont matraqué, tabassé, insulté, tous ceux qu’ils ont trouvés sur leur chemin. On le sait, via les témoignages, on le sait via les photos. Soyons clairs : rien mais absolument rien ne peut justifier ces bavures policières.
Après avoir semé la panique et le chaos, les soldats sont rentrés chez eux comme si de rien n'était laissant un champ de ruines. En toute impunité.

Quand le commun des mortels agresse quelqu’un, on cherche le mobile, l’arme du crime, les témoignages et on l’envoie s’expliquer devant le tribunal. Quand, comme c’est le cas, se sont les forces de l’ordre, le poisson est noyé le crime est dépersonnalisé. Sa mise en œuvre est une chaîne où tous les maillons sont d'égale responsabilité. Et pour cause : il s’agit là d’un crime administratif. Un crime de bureau. Entre celui qui a donné ordre, celui qui l’a autorisé, celui qui a commandité les opérations et celui qui les a exécutés ... la responsabilité se perd !

Par delà la responsabilité juridique (civile et pénale) il y a une autre responsabilité à porter tout de même : morale et politique. Ni le général directeur de la DGSN, ni le ministre de l’intérieur, ni le premier ministre n’ont jugé utile de s'expliquer sur ces bavures sans doute « ordinaires et subalternes ». Ils se sont réfugiés derrière l'anonymat bureaucratique pour se dérober à leurs obligations : personne n'est responsable de quoi que ce soit. Circulez, rien à dire...

Comme si après des années de tourmentes et de « plomb » ils n’ont rien appris, rien compris, rien changé. A force d’humilier et de mépriser les gens, à force de faire peur, à force de laver les mains de tout ce qui salit le pays, ils ont finit par saper le moral de tout le monde.

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