Je retire le premier objet : un magazine, quelqu'un a du l'oublier là. Ca s'intitule : « Mieux manger, se sentir belle, se relaxer » (sic !) . Bof ! Je jette le gadget derrière le canapé.
Je retente ma chance, toujours sans voir, et je retire. Un petit livre qui ne m'appartient pas. Quelqu'un l'a oublié, c'est une auberge espagnole le petit chez moi. Je lis, au hasard des pages :
….outré, il me lance : « Mais vous tenez vraiment un langage de macho ! »
Je ris. Jaune.
Je songe à l'extraordinaire destin de ce mot, « macho », cette géniale trouvaille linguistique des féministes dans les années 70 qui ont, avec un unique petit mot, transformé le hommes, tous les hommes, en accusés commis d'office, qui ont réussi à les inhiber, qui sont parvenues à renverser la vieille incantation séculaire « sois un homme, pas une gonzesse ! », qui ont transmuté l'éternel masculin en insulte. Un mot et la guerre linguistique fut gagnée. Je lui jette, un brin méprisant : « Dans les années 70, on se faisait traiter de macho, mais c'étaient les filles qui nous insultaient ! Pas nos copains. Vous avez adopté le langage des filles, vous avez intériorisé leurs comportements. »

Le poil est une trace, un marqueur, un symbole. De notre passé d'homme des cavernes, de notre bestialité, de notre virilité. De la différence des sexes. Il nous rappelle que la virilité va de pair avec la violence, que l'homme est un prédateur sexuel, un conquérant. Il est la preuve à l'adolescence que l'homme s'éloigne de l'enfant qu'il fut ; et de la femme qu'il n'a jamais été. Pendant des siècles, nature et culture se sont donné la main, les femmes traquant les rares poils qu'elles possédaient, les hommes arborant fièrement, comme un étendard viril, leur pilosité. L'épilation masculine marque une volonté d'en finir avec notre virilité ancestrale. Elle traduit une quête de féminité. De confusion sexuelle.
Vous pouvez lire cela, et quelques autres charmantes citations dans « Le premier sexe » de Eric Zemmour (aucun lien avec Azzemour, il s'agit du grand reporter du Figaro) - collection Indigne (ça ne s'invente pas), 10 euros les 133 pages.

NB : Au(x) propriétaire(s) du magazine et du livre, passez les récupérer … n'ayez pas peur, je ne suis pas violent !

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