Michel Butor est l’auteur entre autres de « L’Emploi du Temps ». Au départ ce roman était l’un de mes pires souvenirs des prépas (math spé) . Quand je l’ai relu quelques années plus tard il n'avait plus la même saveur : il m’a marqué.
Difficile à comprendre et à déchiffrer, « L’emploi du temps » raconte l’histoire de Jacques Revel qui part en stage pendant une année dans la ville de Bleston (une ville imaginaire). Peu à peu il en devient le prisonnier , elle devient une ville prison : « Le ciel est gris et la ville semble comme un lieu sans fin , où on est perdu, on se sent abandonné . Tout est monotone et triste. Si cette ville est tellement négative , pourquoi est-ce qu’on construit des villes pareilles ? ». Le roman s’articule en trois parties : Jacques Revel va jusqu’au rond point, Jacques Revel discute avec le patron du café du coin et, dernière partie, Jacques Revel rentre chez lui . Cette histoire est racontée en quelques 700 pages .

A Bleston, le narrateur est perdu dans un labyrinthe sans fin, impossible de sortir de la ville, il tourne en rond, il s’égare, il a peur, il est complètement désorienté : « Il ne sait pas où il se trouve et à qui et à quoi il peut se fier, parce qu’il n’ y a pas d’endroit particulier, pas d’élément remarquable, pas d’événement impressionnant qui puisse servir de repère. » Il veut faire la connaissance de la ville mais il n'y réussit jamais.

Michel Butor, qui a écrit plus de 1000 livres!, reste humble : « Voyant cette oeuvre débordante, les gens croient que ça vient tout seul. Au contraire ! Ecrire a toujours été un énorme effort. » . Il vit aujourd’hui « à l’écart » en Haute-Savoie où il se terre, sans se taire, dans le calme . Et il dit : « Raymond Roussel disait "Je saigne sur chaque phrase". Je pourrais en dire autant. J'espère seulement que ce sang sacrificiel sera bénéfique. ».