MS hjiouij , qui a fait de cette question un de ses chevaux de bataille, s’indigne en ces termes : « Je n’arrive pas à comprendre. Où est la langue arabe dans tout cela ? Pourquoi les bloggeurs marocains ignorent leur langue ? ». La goutte qui a fait déborder le vase de la patience de si Mohamed est une vidéo d’une rencontre de bloggeurs marocains où tout le monde s’est exprimé en français. Saluons son ardeur à défendre la langue de nos ancêtres. Issam, lui va dans le même sens mais avec une petite nuance : Son blog, tenu en arabe, tolère les commentaires en toutes langues. Malgré cette bienveillance, quelle n’a pas été sa déception de constater que les commentaires sur les blogs arabes sont peu nombreux comparativement à ceux tenus en français. Donnons-lui raison. Blafrancia enfin qui va carrément en guerre contre la langue française. Son blog milite pour un « Maroc sans Français ». L’abolition pure et simple, rien que cela ! « L’indépendance du Maroc a été gagnée il y a bien longtemps mais la colonisation culturelle continue » Plaide-t-il.

Pas de doute, l’Arabe perd du terrain du moins sur le net. Pourquoi écrivons-nous en langue française ? Voilà une question qui suscite mille réponses. On peut répondre que c’est un reliquat de l’Histoire et la colonisation. Mais alors comment expliquer que les autochtones du Proche-Orient bloguent majoritairement en arabe ? Peut être c’est une question technique : c’est connu les systèmes informatiques n’aiment pas les caractères non latins. Et l’hébreu ? Et le chinois ? Ils ont été latinisés ces deux là ?

Votre serviteur, ça ne vous a pas échappé, blogue en français. Il pensait que l’écrit n’a pas de langue. Il ne s’est jamais posé la question pourquoi pas en arabe jusqu’à ce qu’on lui la pose.

D’abord c’est la langue que je maîtrise le mieux et qui m'est la moins fatigante à l’écrit. Cela est du certainement à l’influence de mes lectures : depuis l’adolescence je lis habituellement en français. Il était dès lors naturel que je l’utilise quand le désir d’écriture s’est emparé de moi. Ensuite par habitude : dans les débuts d’Internet l’arabe était exclue du tournoi. Lorsqu’on l’a admise à entrer dans la toile c’était trop tard, déjà le clavier qwerty me sort par les trous du nez ! Enfin il y a ce sentiment d’ « écrire contre les miens » sur des sujets difficilement exprimables en arabe. L’acte d’écrire en français se transforme en une tentative d’ « atténuer » mes prises de positions. Ce n’est pas de ma faute si je pense que ma langue maternelle est une langue des interdits et des tabous si bien que pour les contourner je me dois d’utiliser une langue étrangère.

Est-ce que cela fait de moi un « colonisé de la langue des autres » ? Je m’en tamponne le coquillard (qui traduit ?). Mais je vous mentirais si je ne vous dis pas que ça me fait de la peine de voir agonir la langue de Sîbawayh et de mes ancêtres. Heureusement qu’il y a quelques courageux bloggeurs arabophones qui veillent à ce que sa flamme ne vacille pas. Mahckourine.


Lire aussi :
- Chez Mohammed SLIMANI (azeus) : Min ajli magribine bi douni arabia (Bnakass Gaâ)
- Chez Adam : Les raisons pour les quelles je blogue en Français !
-chez Karim et Jallal : Au sujet des langues étrangères 1ère Partie & 2nde Partie. .