Marock : Un goût d'inachevé

Sorti en France le 15 Février, Marock y a attiré plus de 63.000 spectateurs en une seule semaine pour 97 copies. A son démarrage à Paris il a même décroché la 5ème place au box office face à des supers productions américaines.

J’avais envie de la défendre ce film, ne serait-ce que pour contrebalancer les critiques nombreuses et réactionnaires qui lui ont été adressées. Malheureusement Marock reste un film assez décevant victime d’un scénario pas trop original et de son côté carte postale. L’idée principale, une histoire d’amour entre deux ados marocains Rita la musulmane et Youri le juif, méritait d’être un peu plus développée. La réalisatrice ne prétend pas réaliser un film d’auteur mais dommage que son travail laisse sur un goût d’inachevé. En cédant à certaines facilités (Un film trop esthétique et esthétisant, la fin est tout simplement un énorme gâchis) Laïla Marrakchi n’est pas allée au bout des choses. A la décharge de Laïla que ce n’était pas là son ambition principale : « Pour mon premier long métrage, j'avais envie de parler d'un Maroc que peu de gens connaissent, un Maroc qui va à l'encontre des clichés du cinéma arabe. C'est le Maroc des privilèges, de l'insouciance et parfois des excès ».

Bref, Je n'ai pas été charmé mais le film n'est pas mauvais en soi. Il mérite d’être vu car c’est au spectateur de se faire une opinion, de l’aimer ou le détester, de le conseiller ou le déconseiller. Il ne faut jamais céder à l’excitation des gardiens de foi qui jugent un film avant de le voir. Tenez … à la sortie de la salle ma première réaction était de me demander pourquoi le film a déclanché autant d’ «hostilités ». On se précipite sur le net pour voir toute la littérature qu’il y généré. Et l’on se rend compte que le ridicule, sans doute nourri par une certaine judéophobie, a été largement atteint. La scène tant criée ou Youri retire l’étoile de David pour la passer autour du cou de Rita a été interprété par les dépositaires de l’authenticité marocaine comme une provocation. Cette scène, vue dans le contexte de la narration, (« Comme ça tu arrêteras de la regarder » dit le héros) ne pose aucun problème sauf à ceux, aveuglés par leurs procès d’intention, s’amusent à juger sans même voir.

A signaler enfin que les cinéphiles de France, contrairement à ceux du Maroc, peuvent voir le film dans son intégralité (1h40 minutes). L’excitation des censeurs marocains soutenus, ô comble de l’aveuglement, par des cinéastes marocains envieux et mordants, devrait amputer le film de plusieurs scènes et le producteur menace de renoncer à le distribuer au … Marock.


Ze Mustapha show : Un coup de cœur !

Michel Denisot himself a vu et apprécié le stand up de Mustapha. Il a même reçu le jeune Marocain sur le plateau du Grand Journal de Canal. Un passage très réussi : Son aisance devant la caméra et son humour intelligent et piquant ont donné un avant goût du talent de notre humoriste d’à peine vingt ans.

Révélé au grand public marocain par une émission de téléréalité locale, Mustapha a su s’imposer sur la scène parisienne, ce qui n’est pas rien ! On s’est déplacé donc un vendredi soir au théâtre du temple (place de la République) pour apprécier le tchatche de l’humoriste. Durant une heure, et face à une salle réceptive et comble, le jeune talent a fait un show d’enfer. L’humour est au rendez-vous, on rigole du début à la fin dans une ambiance totalement délirante. A la fin de spectacle, et après une standing ovation (très longue et très méritée), on l’a intercepté dans les couloirs et on en a profité pour lui glisser deux mots d’encouragements.

Une chose est sûre le très marrant Mustapha a beaucoup de talent et d’avenir. Il imposera, sans aucun doute, son nom sur la scène humoristique parisienne et internationale. C’est mon coup de cœur de la semaine, si vous êtes à Paris n'hésitez pas : courrez-y !