Le Bénéfice du Doute
Par Larbi le jeudi, février 9 2006, 01:13 - Politique marocaine - Lien permanent

Un pays qui ne doute pas, qui a peur du débat et qui aime une seule parole, celle de sa classe dirigeante, est un pays qui se condamne à la stagnation et à l’étroitesse.
Le juge Burgaud a failli faire une nouvelle victime. Mademoiselle est folle de rage because elle comprend pas pourquoi depuis plus de cinq heures je suis scotché devant mon poste télé entrain de suivre les travaux de la commission d’enquête sur l’affaire d’Outreau. Encore une qui va se dessaisir de mon dossier à cause de mon goût prononcé pour le politique et le judicaire. Je plaiderai coupable en appel.
Aujourd’hui c’était le grand oral de Fabrice Burgaud ex-juge d’instruction du procès d’Outreau. A cause de ses erreurs, sa jeunesse et son manque d’humanité et d’expérience, 14 innocents ont passé plusieurs mois en prison, en détention provisoire, pour la pure des accusations : pédophilie. Des familles ont été déchirées, des vies ont été brisées avant que la cour d’appel de Paris n’acquitte les concernés, le dossier étant complètement vide.
Depuis, la France doute dans son institution judicaire. Une commission d’enquête a été instaurée, et les « Représentants du peuple français » auditionnent depuis quelques semaines les principaux acteurs de ce désastre judicaire. Le but est de revoir la procédure pénale, s’interroger sur le rôle du parquet, du juge d’instruction, évaluer les dysfonctionnements, et légiférer pour éviter que cela se répète. Le juge Burgaud a été montré aux doigts par les acquittés. Il aurait instruit uniquement à charge, manqué d’humanité, ignoré le droit de défense et bafoué la présomption d’innocence. « Nous sommes les Représentants de la nation, nos libertés sont entre vos mains, vos réponses sont un peu courtes quand même » l’interpelle le rapporteur de la commission avant de le sommer d’être plus précis dans ses réponses.
La France n’a pas peur de douter dans l’une de ses institutions les plus anciennes. Elle se pose des questions, elle fait sa remise en cause, elle interpelle ses juges. Tout ça en direct sur les chaînes de télé. Vous me voyez venir, si je parle de ça c’est dans la perspective de faire un comparatif avec le Maroc.
Des scandales judiciaires, il y en a eu beaucoup au Maroc. Pourtant jamais aucune réflexion n’a été engagée sur le sujet. Plus loin encore, notre pays est désespérément engoncé dans ses certitudes, il brandit la sacralité à tout bout de champs au lieu de s’interroger et de se remettre en question. Le Maroc n’apprécie pas ceux qui doutent, ceux qui questionnent, ceux qui ont des idées qui sortent du moule habituel. Il ramène tout à la « haute trahison» là où il y a de simples opinions personnelles. Il cadre la pensée et définit son champ d’exercice. Le doute est interdit même en ce qui concerne les choix économiques et sociaux et les grandes orientations de l’Etat. Les citoyens sont priés d’approuver, applaudir et chanter le même chant. Suivre une certaine grille pour une certaine façon de penser. Le modèle modélisant.
Un pays qui ne doute pas, qui a peur du débat et qui aime une seule parole, celle de sa classe dirigeante, est un pays qui se condamne à la stagnation et à l’étroitesse.
Le doute, dans les institutions ou les grandes orientations de l’Etat, n’est pas un signe de faiblesse ni un échec encore moins une trahison. Il est une nécessité surtout dans un contexte de transition et d’apprentissage démocratiques. Il est tout simplement l’expression d’un espoir de changement et de progrès.
Aujourd’hui c’était le grand oral de Fabrice Burgaud ex-juge d’instruction du procès d’Outreau. A cause de ses erreurs, sa jeunesse et son manque d’humanité et d’expérience, 14 innocents ont passé plusieurs mois en prison, en détention provisoire, pour la pure des accusations : pédophilie. Des familles ont été déchirées, des vies ont été brisées avant que la cour d’appel de Paris n’acquitte les concernés, le dossier étant complètement vide.
Depuis, la France doute dans son institution judicaire. Une commission d’enquête a été instaurée, et les « Représentants du peuple français » auditionnent depuis quelques semaines les principaux acteurs de ce désastre judicaire. Le but est de revoir la procédure pénale, s’interroger sur le rôle du parquet, du juge d’instruction, évaluer les dysfonctionnements, et légiférer pour éviter que cela se répète. Le juge Burgaud a été montré aux doigts par les acquittés. Il aurait instruit uniquement à charge, manqué d’humanité, ignoré le droit de défense et bafoué la présomption d’innocence. « Nous sommes les Représentants de la nation, nos libertés sont entre vos mains, vos réponses sont un peu courtes quand même » l’interpelle le rapporteur de la commission avant de le sommer d’être plus précis dans ses réponses.
La France n’a pas peur de douter dans l’une de ses institutions les plus anciennes. Elle se pose des questions, elle fait sa remise en cause, elle interpelle ses juges. Tout ça en direct sur les chaînes de télé. Vous me voyez venir, si je parle de ça c’est dans la perspective de faire un comparatif avec le Maroc.
Des scandales judiciaires, il y en a eu beaucoup au Maroc. Pourtant jamais aucune réflexion n’a été engagée sur le sujet. Plus loin encore, notre pays est désespérément engoncé dans ses certitudes, il brandit la sacralité à tout bout de champs au lieu de s’interroger et de se remettre en question. Le Maroc n’apprécie pas ceux qui doutent, ceux qui questionnent, ceux qui ont des idées qui sortent du moule habituel. Il ramène tout à la « haute trahison» là où il y a de simples opinions personnelles. Il cadre la pensée et définit son champ d’exercice. Le doute est interdit même en ce qui concerne les choix économiques et sociaux et les grandes orientations de l’Etat. Les citoyens sont priés d’approuver, applaudir et chanter le même chant. Suivre une certaine grille pour une certaine façon de penser. Le modèle modélisant.
Un pays qui ne doute pas, qui a peur du débat et qui aime une seule parole, celle de sa classe dirigeante, est un pays qui se condamne à la stagnation et à l’étroitesse.
Le doute, dans les institutions ou les grandes orientations de l’Etat, n’est pas un signe de faiblesse ni un échec encore moins une trahison. Il est une nécessité surtout dans un contexte de transition et d’apprentissage démocratiques. Il est tout simplement l’expression d’un espoir de changement et de progrès.









Commentaires
Je ne vois pas trop la difference finalement(toute proportion gardée). Dans les 2 pays ce sont les dominés qui patissent. Donner un jeune juge en paturage n'embete personne, un coup de pub pour tout ces representants de la nation en direct sur les médias qui ont été les premiers a accuser, identifier en montrant des images qui n'avaient rien à voir avec l'affaire (http://www.acrimed.org/article2259.html).
Ces memes médias qui attendaient que le juge fassent des excuses sans se remettre en question.
Franchement, c'etait une mise en scene, j'aurai preferer voir PPDA et Pujadas à la place de Burgaud ...
D'ailleurs dans l'affaire de Juppé, ces memes médias avaient pris des gants ...
L'affaire d'Outreau reste trop médiatisée, mais Larbi dit vrai concernant notre pays du soleil. Là où l'on trouve pas dans l'oppression la force de se révolter, là où les gens sont souvent des victimes consentantes de l'ordre établi, même quand ils découvrent que cet ordre se fonde sur la violence et l'injustice.
Bonjour à tous.
Je pense en effet que cette commission d'enquête était nécéssaire pour la démocratie de la France, des questions demeurent cependant en suspend :
Quels sont ceux qui auront le courrage d'en tirer une quelconque leçon?
Certe, le juge Burgaud était trop jeune pour avoir eu le temps d'apprendre "la culture du doute"
mais comme le chantait Brassens:< le temps ne fait rien à l'affaire quand on est c....on est con..>
L'espace réservé à la culture du doute, par beaucoup de mes concitoyens et ce, des lors qu'ils détiennent, un temps soi peu de pouvoir, me semble malheureusement bien réduit et je le déplore!
Combien d'entre eux accepteront d'agrandir leur jardin?
Seul l'avenir nous le dira!
Maintenant, permettez-moi de m'exprimer rapidement sur la justice marocaine. Je vais certainement vous parraître radicale, mon avis sur le sujet est le suivant:
Tant que la corruption gangrènera vos institutions, qu'elle soient judiciaire ou autres vous n'aurez aucune chance d'entrevoir une once de débat!
Si il a débat ne doit-il pas commencer par là?
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Blog dun marocain résident en France. Actualités , Politique, humour, coups de coeur, coups de gueule, de blues..... Un blog en perdition sur la toile, comme une bouteille jetée à la mer, nimporte qui pouvant se lapproprier le commenter. Calendrier« février 2006 lun mar mer jeu ven sam dim
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Le Bénéfice du Doute
Par Larbi, jeudi 9 février 2006 à 01:13 :: General :: #171 :: rss
Un pays qui ne doute pas, qui a peur du débat et qui aime une seule parole, celle de sa classe dirigeante, est un pays qui se condamne à la stagnation et à létroitesse c'est le coeur . sorry i'm out.
bonjour à tous.
On a tendence lorsqu'on parle du maroc de parler uniquement de l'état, du pays qui " ne doute " pas, comme dit Larbi. Et on oublie que dans notre cas, c'est toute la société, (état,partis,institutions,la presse,.....et l'individu qui n'accepte pas de se remettre en cause, de douter. Notre conscience a été remodelée de telle manière qu'il est hautement impossible qu'on accepte la différence, la possibilité d'avoir tort, de se douter de ce que nous faisons, disons et réclamons pourrait ne pas être vrai, et pourrait aussi causer du tort à autrui. Je veux dire en toute simplicité que ce MAL est en chacun de nous, nous citoyens de ce pays. Le jour que chaqu'un de nous se mettra à douter et à se poser de question, l'ETAT ne peut que se metamorphoser.
Deux mots sur l'audience d'hier. Combien y a t il en france de juge d'instruction du même statut que le juge Burgeaud. on l'apprendera lors de l'éclatement d'un autre scandale. Mais la france à quant même le courage de monter ses points faibles, et que tout un chacun expie pouir ses fautes.
j ai à tort pensé qu t'ès pas le genre à joué sur pluzieur terrains.
tu salut ta demoiselle de la par de la gare montpranasse.
Moi je doute du doute !! Mais quand on est dans un contexte de piment tabasco alors qu'on me parle de tcherimoya,je n'ai plus aucun doute !! Ta7at sam3a 3al9ou l7ajjam!!
j'ai regarde l'audition hier sur France 2. J'ai regarde les auditions de l`IER.
La grande diffrence c que en France les responsable a ete appele a expliquer ces actes... apres les victimes. Au Maroc c t une psycotherapie generale, mais ou etaient les coupables.
La remise en cause, le doute sont des etapes constructives, mais seulement si elles sont faites dans le regles de l'art
D'abord j'aime le titre,
Et puis la France, tu le sais mieux que moi, ne fait plus que douter depuis presque 2 ans mnt.
L France va mal, on ne cesse de le démontrer quotidiennement et de remettre en cause quotidiennement toutes ses institutions, ses modèles, ses idéaux....
Bonne chose, certes mais bon, il faut pas exagérer non plus.
Je parle de l'affaire Burgau, tu me diras. Là c'est vrai, respect!
La différence de taille entre eux et nous, cest quil respecte lindividu, ou plutôt le français.
Que vaut le marocain pour ses dirigeants ?
3 fois walou
@2pacs
. tas tout résumé en un seul paragraphe ! rien à ajouter.




heureux de taccueillir sur ce blog. Bien évidemment il y a une responsabilité des médias et leur emballement habituel , bien évidemment il y a une responsabilité des parlementaires, des 60 magistrats qui ont suivi linstruction, de la chancellerie qui a été mise au courant. Mais là à dire quil faut mettre PPDA et Pujadas à la place du juge, y a quun pas à affranchir que je laisse à nos amis de acrimed. Ma conviction personnelle cest que le scandale Outreau est du principalement à la nomination dun juge trop jeune, pour avoir du recul, et trop inexpérimenté pour avoir la compétence d instruire une affaire de cette nature.
@Daous
welcome home
@Mamouche
Ahlan wa Sahlan. Oui la réforme de la justice marocaine est une priorité absolue. Cest le fondement de tout ! Si on me demande de ne choisir quune seule réforme à mener je dirais la justice. Tu sais très bien que cest un sujet très sensible au Maroc parce que ceux qui sont censés initier ces réformes ça les arrange le statu quo.
@tazart
marhaban. Pas compris ton commentaire
@yasghiz
Azul. Jai limité ma réflexion aux institutions parce que je suis parti de lexemple de la commission denquête dOutreau. Tas pas douté un instant que je suis en accord avec ce que tu dis. oui yas pas que lEtat qui ne doute pas y aussi les citoyens. On fait pas notre remise en cause, on est trop fier et trop viril pour envisager de le faire. Cest pas dans notre culture. On prend ça comme une faiblesse alors quau contraire cest un acte de courage.
@elle
je demande un acquittement au bénéfice du doute
@Almaknassi
toujours aussi douteux. Je doute bien que jai compris tes doutes. Embrasse-moi Mjinina
@Jihane
Ya Hala ! les deux commissions nont pas vocation à juger les responsables. Le haut conseil de la magistrature français va auditionner les juges concernés et éventuellement les sanctionner. Il est la seule instance habilité à le faire.
Au Maroc lIER a fait, à mon sens, un travail respectable mais effectivement la non sanction des responsables laisse un goût dinachevé.
@Chighaf
marhaban. La France doute depuis quelques mois cest vrai. Parfois y a une auto mutilation, jen conviens. Mais je crois sincèrement il y a de quoi .
je partage ta comparaison par rapport au Maroc. Nous serons respectés le jour ou ne nous seront plus des sujets et des administrés, mais des citoyens à part entière à qui les dirigeants doivent rendre compte. Mais pour en arriver là il faut du travail à commencer par nous mêmes
C'est marrant que ce soit le parti qui ai voté les plus de loi contre la presemption d'innocence qui preside cette cours et qui s'etonne que les droits des accusés soit bafoués.
On oubli que Sarko avait exigé une peine exemplaire pour les accusés, et maintenant pour le juge ...
On oubli que l'UMP à fait voté les lois de detention sans voir un avocat, les flics ont tout le temps de te faire avouer que tu es Ben Laden...
Ca evolue au Maroc, voir le combat de Mme Ait Sahal meme si le commissaire est encore dehors mais c'est au peuple de se mobiliser.
Dans les deux cas, il y a la loi des pauvres ....
Tant que le système reste rentable pour la classe dirigeante, celle ci n'a aucun interet à le remettre en question. C'est à la classe populaire et moyenne de douter et de faire valoir ses droits. Mais pour celà il faut un système judiciaire indépendant et des moyens d'expression efficace. Puis il faut déjà avoir une certaine conscience et un sens de la critique ce qui est loin d'être le cas de la majorité des marocains.
C'est élémentaire mon cher....Larbi!!Have nice day sardina !!
PS:Content de te lire de nouveau 2pacs !!J'ai visité ton blog:Excéllent!!Je n'ai pas encore trouvé l'inspiration de laisser un com !!Question Q.I..mdrrr.Salut et a+
Larbi
Je serais bien en peine de donner des leçons au Maroc et aux marocains,et ce n'est pas mon but!
En France nous craignons la justice et ce, à juste titre, mais nous avons cette chance de pouvoir nous défendre!
J'ai eu à ma guise,la possibilité de rencontrer dans les salles d'attente des tribunaux de province, des marocains(les plus démunis),ce n'était pas une crainte qui était perceptible sur leur visage, mais une peur éffroyable La peur de repartir condamnés alors qu'ils étaient au départ plaignants. Dans la majorité des cas ils ressortaient des lieux au mieux déboutés de leur demande , résignés,au pire entre deux policiers!
Le proc et le président eux avaient gagné de quoi partir en vacances à l'étranger!
Alors là tu te dis:
< si j'avais des c..... et surtout du pognon ,je monterais une asso composéé de défenseurs intègres.... entièrement dévoués à la cause de ces pauvres gens!>
Il y aurait un problème a régler entre autres, c'est que l'asso serait vite débordée!