Il ne m’a pas échappé que le non français a été motivé par des raisons de politique intérieure (malaise social, chômage,…). Mais je crois, sincèrement, que les citoyens de mon pays d’adoption auraient dû faire l’économie de ce NON ou du moins ne pas faire resurgir le spectre d’un 21 avril de triste mémoire.

Le non xénophobe était présent dans cette campagne. Celui incarné par Le Pen (peur de l’étranger), par de Villiers (Le Non à la Turquie comme seul fond de commerce) et fait nouveau la peur du « plombier polonais » dont le porte étendard n’est autre que le socio-libéral Fabius ! Les deux premiers sont dans leur « rôle », cela ne me surprend nullement. Mais que dire de ces hommes de gauche, qui ont agité à tout bout de champs la peur des délocalisations et des ouvriers de l’Est ? Viennent-ils de découvrir les torts du libéralisme, alors qu’ils ont constamment approuvé les accords de l’OMC qui ont accéléré l'effondrement de l'économie de plusieurs pays du tiers monde ? Savent-ils seulement que la PAC a signé la mort des millions d’agriculteurs africains ? Où sont les valeurs de gauche si ce qui est bien pour la France ne le serait pas pour les autres pays ?

La France a donné d’elle même l’image d’un pays qui sombre dans un nationalisme exacerbé. Le discours du rejet de l’autre et du repli sur soi domine désormais la scène. La France déçoit ! Elle déçoit les peuples du monde qui aspiraient à une Europe forte à même de contrer l'unilatéralisme américain et répondre le pluralisme. Elle donne un mauvais exemple à ceux qui de par le monde, oeuvrent pour plus d’ouverture, de coopération et de rapprochement entre les peuples.

Me revient à l’esprit cette soirée du 21 Avril 2002. J’habitais à l’époque à 150m du quartier de campagne du Candidat Lionel Jospin. De ma fenêtre, j’entendais les cris des sympathisants socialistes quand le résultat du premier tour a été annoncé et une seconde fois quand leur candidat s’est retiré. Sans faire de comparaison douteuse, j’ai cru voir ce soir – à la télé - un regard triomphant sur le visage du démagogue de l’extrême droite. Sur le visage de ses apparentés mais aussi de ceux qui, in fine, ont fait son jeu !