Le haut représentant de l’état, intervient de suite. Selon les témoins, le Gouverneur arrive en état d’ivresse manifeste. Il commença alors à insulter les ouvriers usant des vulgarités les plus basses et les plus dégoûtantes. Il les somme de reprendre le travail dans l’immédiat sans plus attendre. Poussant le cynisme à son comble, il brandit son arme à feu !

Un syndicaliste l’interpelle alors en lui disant « Vous n’avez pas le droit de vous adresser à nous, vous n’êtes pas actionnaire de la société pour s’immiscer dans ses affaires avec cette audace ».

Alors là, s'en est trop pour le Gouverneur. Il se jeta sur le pauvre ouvrier et cria « Tu veux Din Mouk, m’agresser avec un tournevis ? » et s’adressa aux forces de l’ordre « Venez matraquer Din mhoum, comme ça ils sauront ce qu’on vaut vraiment ! »

Les forces de l’ordre (Forces auxiliaires et Police) s’exécutent. Ils ferment le portail de la société et commencent la matraque : Ils passent les ouvriers à tabac un par un et durant une heure, ils les humilient et les insultent.

A ce point de l’histoire, le gouverneur, très fatigué, laisse sa place au Pacha de la ville (venu en renfort avec un contingent supplémentaire des forces de l’ordre).
Celui ci fait une excellente entrée la matière. Il s’adresse en ces termes à une pauvre ouvrière qui s’est trouvée par hasard face à lui : « Va travailler espèce de p…! Qu’est ce que tu fout en l’air ? » Puis il l’a gratifiée d’une bonne claque au visage.

Pendant ce temps-là, les directeurs de la société Celia Valéo assistaient à la scène depuis les fenêtres de leurs bureaux. Ils rigolaient en regardant le spectacle qu’offrait le Haut représentant de l’état.

Epilogue :
Le Gouverneur n’a pas été inquiété : il continue à exercer ses fonctions. Cette affaire n’est pourtant pas sa première.
Le ministre de l’intérieur a défendu son fonctionnaire et démenti les faits (pourtant rapportés par plusieurs sources) dans un communiqué menaçant. (Lire : Grève à l'usine Celia Valéo, le démenti de l'Intérieur )
La presse nationale a finit par parler de cette mascarade.
Les ouvriers de l’usine ont pansé leurs blessures et regagné, contraints, leurs postes.
Le licenciement de leurs collègues a été confirmé.

PS : Ce billet a été réalisé à partir d’une chronique de Rachid Nini (Assabah du 25/04/2005) et des articles de la presse nationale arabophone.