Engager les jeunes
Par Larbi. jeudi, mars 24 2005, 20:33. Politique marocaine | Lien permanent.
Cinq ans après le début de ce nouveau millénaire, nous faisons partie d’un monde qui bouge, au sein d’une mondialisation non régularisée. Notre pays est confronté à de nouveaux enjeux économiques, sociaux et culturels. On ne le dira jamais assez : l’ouverture des marchés, l’échange planétaire, les exigences de compétitivité et les évolutions technologiques ont induit notre planète dans une logique de concurrence farouche. Dans ce contexte, comment résoudre les sérieux problèmes du pays tout en s’accrochant au rythme de croissance mondiale ? Comment garantir une vie digne à nos concitoyens en tenant compte des contraintes de l’environnement ? Comment innover et produire, être un acteur du développement au lieu de rester consommateurs de technologie ? Et enfin, comment s’ouvrir sur les autres civilisations et cultures en gardant nos spécificités identitaires ? Des questions qui interpellent notre jeunesse, et l’obligent à être imaginative et audacieuse.

Par ailleurs, dans ce monde en ébullition, le centre de gravité de décision économique et sociale s’est déplacé au profit du politique. Partout, dans les démocraties, c’est le politique qui doit proposer des solutions aux problèmes, des plans d’actions et des projets chiffrés et datés pour faire face aux enjeux. Il présente ses idées aux citoyens, à travers les scrutins nationaux, et demande leur confiance. Elu, il doit honorer ses promesses, établir une politique budgétaire fiable, fixer les grandes orientations du fonctionnement de l’état et résoudre les problèmes, faute de quoi il sera sanctionné à la fin de son mandat, et cédera la place à une nouvelle génération. Bref un schéma de gouvernance classique, modulable selon les spécificités de chaque pays, où le technocrate cède place au politique, et la compétence doit être associée à un engagement partisan.
Si le Maroc dispose déjà des cadres compétents, et d’une jeunesse capable de relever les défis de la mondialisation, la conversion de ces jeunes à la politique reste un problème préoccupant pour notre pays.
Le champ politique a du mal à attirer les jeunes et la classe politique marocaine est confrontée à un sérieux problème de crédibilité. Une classe politique souvent qualifiée de corrompue, incompétente, et dans le meilleur des cas déconnectée de la réalité marocaine. Plusieurs raisons expliquent cette situation. Cela fait des années que les partis ont été écartés de l’exercice du pouvoir et les hommes politiques bannis, parfois manipulés et souvent réduits au silence. Même au début de la transition démocratique ; notre élite politique a démontré une incapacité à porter la voie des citoyens, critiquer les grandes orientations de l’état et proposer des solutions alternatives. Il faut y ajouter l’absence d’une démocratie interne au sein des organisations, la décision est souvent prise sans débat, et les dirigeants ont du mal à céder leurs places aux nouvelles générations. Le turn-over des hommes politiques est loin d’être un fait admis par tous. Et enfin, n’oublions pas cette balkanisation du champ politique : une vingtaine des parties politiques, avec des programmes indéchiffrables, et un positionnement des uns et des autres au sein de l’échiquier politique, qui semble répondre aux aspirations personnelles plutôt qu’à une conception d’un projet de société.
La donne politique doit changer, ne serait-ce que parce qu’on a besoin de ces jeunes femmes et hommes pour faire face à l’importance des enjeux. Donnons envie aux jeunes pour qu’ils s’impliquent d’avantage dans ce champ d’exercice de démocratie ! Inventons une politique en phase avec les aspirations de notre jeunesse !
Il convient, en premier lieu, de s’interroger sur ce malaise des institutions du pays. Nous ne pouvons plus continuer à ignorer des questions essentielles qui concernent la conception de l’exercice du pouvoir. Il s’agit de répondre à des questions simples : Le royaume peut-il évoluer vers un vrai régime parlementaire ? Comment la gouvernance du pays peut-elle être dictée par la situation politique, plutôt que par des arrangements des sphères du makhzen ? … Pour notre avenir et celui de nos enfants, un vrai débat institutionnel doit être ouvert en urgence. Pourquoi ne pas le dire : Aujourd’hui des reformes constitutionnelles sont plus que jamais indispensables.
La classe politique marocaine, quant à elle, doit mettre l’arrogance de côté et revoir sa copie. Il est temps que nos leaders politiques laissent place aux jeunes, et que nos partis développent une véritable opération de marketing capable de recruter des militants. Une rénovation des programmes, une restructuration du paysage politique, notamment par la fusion des parties de mêmes tendances, et un souci de porter haut l’intérêt général au-delà des carrières personnelles, semblent être des lignes de conduites incontournables.
Enfin, c’est une responsabilité des jeunes, qui doivent transformer leurs revendications en propositions et actions citoyennes. Etre jeune, c’est oser et progresser même sur les chemins difficiles, et en premier lieu reconquérir le champ politique pour le faire évoluer en créant une véritable dynamique.
En conclusion, il ne s’agit pas ici de servir un condensé de propositions et recommandations. Mon but, étant, de plaider pour l’ouverture d’un débat sur ce défaut d’engagement politique des jeunes. Il en est grand temps !






Commentaires
pas d'accord sur le " centre de gravit de dcision conomique et sociale sest dplac au profit du politique".
Le champ dcisionnel partout dans le monde s'est dplac au profit de l'conomique: ce sont les multinationales qui dcident et qui dtiennent plus de 80% de la richesse mondiale.
Quand elles veulent dlocaliser par ex, l'tat est tout simpleme,t impuissant.
Un monde bien triste vers lequel nous nous dirigeons...
Je pense la rponse sur tout tes questions LARBI c'est le travail srieux et honnte. La preuve est le japon, ils ont pu changer toute leur vie en travaillant, en s'ouvrant sur l'autre tout en gardant leur identit culturelle...
Bonjour,
Merci pour ton ecrit
Il y a deux remarques que je veux faire :
la premiere rejoint, plus ou moins, celle de supertimba. Les hommes politiques n'ont pas d'impact reel sur le developpement. C'est la bonne utilisation des ressources du pays par le peuple et les entreprises qui garantit une evolution. Les hommes politiques ne font que tracer les idees phares a suivre pour garantir une certaine coherance. Ce que je trouve malheureux est que non seulement la politique n'est plus credible, mais en plus, le peuple attend et s'attend a des resultats visibles a court terme, alors que les vrais projets de societes se font sur plusieurs annees,voire plusieurs decennies, une sorte de projection dans le futur.
Comment alors faire ... comment motiver les marocains...
J'ai ecrit ,c'est juste mon avis bien sur, qu' il fallait que certains fassent ce sale boulot pour "huiler" la machine du peuple, la faire marcher .. et qu'apres quelques annees il y ait un bon rythme de croisiere , un bon rythme d'evoultions
(cf www.kingstoune.com/myblog... )
la question que je me pose : serions nous prets a faire face a ce monde qui sera ouvert , qui nous dictera encore ses lois? serions nous pret pour la prochaine decennie qui s'annonce rude pour l'economie marocaine ?
je suis sceptique
Ayoub
www.kingstoune.com
Je suis daccord avec vous supertimba et Ayoub que les multinationales contrlent en grande partie lconomie mondiale. Ma formule le centre de gravit de dcision conomique et sociale sest dplac au profit du politique est en effet rductrice.
Dans mon esprit je pensais aux processus de dcision au sein dun tat-nation. Face ce monde en bullition seuls des hommes politiques habilits et capables de prendre des dcisions peuvent construire des garde-fous. Prenez lexemple de ce qui sest pass rcemment propos de la directive Bolkestein. Mme si cest pour des raisons lectoralistes lies au rfrendum sur la constitution, le conseil de lEurope a russi remettre plat cette directive ultralibraliste. Cest en partie parce que les politiques ont peur de la sanction de lopinion publique.
Ayoub, je suis comme toi assez sceptique. Mais je crois que si on parle de ces questions cest dj assez bien. Dans ton blog et dans dautres on trouve des rflexions trs utiles sur les questions de dveloppement. Il faut le dire cest un fait nouveau dans un pays o seules les affaires de religion font dbat.
Reste esprer que les concerns par la gestion des affaires publiques dans notre pays soient convaincus, le plus tt possible, quil est grand temps de donner possibilit et moyens nos jeunes de faire le travail .
Je ne pense pas que ce soit seulement une dcision qui dpende des dirigeants des affaires publiques.
Comme je l'ai dit plus haut, je crois que les hommes politiques ne font que tracer les grandes lignes de la politique marocaine pour le dveloppement, maintenant qu'ils soient honnetes pas, a ne changera rien au fait que c'est le peuple le vrai capital , puisque c'est lui de produire.
L'Etat, tout le monde le sait, est pauvre, ne peut pas tout faire malheureusement : Embaucher les diplms, construire les routes, une politique sociale, bla bla .... c'est trop pour le Maroc qui subit d'ailleurs des contraintes internes et externes (FMI par exemple). En plus, c'est une dbilit d'attendre quoique ce soit d'un Etat qui est non seulement faible, conomiquement parlant, mais aussi ne connait gure les besoins de la population.
Je le rpte. Je pense qu'un progrs n'est possible que si le peuple se prend en main, lui mme, et travaille, que ce soit dans les PME, ou les personnes qualifies fassent ce qu'elles peuvent avec les moyens du bord, il faudrait que le peuple se bouge le "cul" ....
Comment faire bouger le peuple ....
C'est un dbat en soi!
Pour faire bouger le cul du peuple comme tu dis si ppotiquement:) encore faudrait-il rgler certaines choses.
Par ex les contraintes administratives(cauchemar de tous ceux qui voudraient revenir au pays fonder qq chose), le piston rig en systme clair et apparent(tous les fils de qui occuppent des postes cls a m'enerve ), l'aide aux jeunes entreprises(par ex fiscales) et surtout combattre le 60% de taux d'analphabtisme.
Salut,
)
(je ne sais pas si tu liras ce commentaire
Il y a en ce moment, comme tout le monde le sait, le fameux INDH. Bien que je sois sceptique concernant son impact dans le temps, et dans le fond.. il y a un truc qui m'a interpellé, une petite grande innovation.
La democratie participative.
Tu sais autant que moi, que tant qu'il y a cette séparation des institutins du peuple, on ne peut espèrer un quelconque développement.. Les institutions, comme je l'ai dit plus haut établissent en quelque sorte les règles du jeu.
Et bien, dans ce "génialissime" INDH, il y a cette idée d'impliquer les gens, le quidam Lambda dans les projets "sociaux" locaux..
C'est une bonne nouvelle (bien sur si cela se concretise).. ça pousserait peut etre les individus à s'engager dans la chose politique, sociale ou économique qui les touche de près.
Ayoub
http://www.kingstoune.com
Nous devons discuter sérieusement nos problèmes internes et non pas faire de la propagande politique.
Et la première constatation à avancer est de mettre au courant nos internautes.
Vous parlez de changement et de participation aux grandes décisions.
Depuis ma prime enfance g entendu dire qu'il ya eu falsification du choix des citoyens ;corruption des volontés des électeurs ;violation des droits et des libertés des Marocains.
Mais personne n'osait réveler la réalité et faire tort à nos bourreaux qui jouissent d'une retraite bien méritée .
Au Maroc il existait un seul ministère qui tirait les ficelles et qui surveillait tout ce qui bougeait sur lensemble du territoire et qui mettait son nez partout quant aux choix des élus et des parlementaires.
La volonté du peuple était truquée à coups de milliards.Un ministre sest échappé du pays avec la bagatelle somme de 300milliards de centimes à cause de cette falsification.
Chaque fois qu'un petit incident se produit dans le pays, ce ministère, en labsence de tous les ministères prend linitiative irréféchie en montrant son visage impitoyable et haineux quand il sadresse au peuple.
Nos commissariats et nos gendarmeries ,construits aux dépens du contribuable ,nous donnent la chair de poule chaque fois que la necessité ns oblige à acquérir une pièce didentité dans ces locaux administratifs.
On est accueilli par des mitraillettes à la main et par la froideur des sentinelles.
Bravo à nos tribunaux qui nous donnent libre accès à ses différents services sans qu'on rencontre la moindre résistance de la part des fonctionnaires .
ce ministère ,que tout le monde connaît, continue sans aucune impunité à pratiquer la terreur gratuite pour dissuader.
Je crois cher collègue que avant dinviter les gens à passer aux urnes comme le ferait dailleurs nimporte quel journaliste officiel tu dois en tant que simple intellectuel
-prier ceux qui gèrent ce pays de séparer les trois pouvoirs législatif, juridique, exécutif.
-donner aux élections leurs vraies sens c'est à dire permettre aux partis de décider de la politique à tracer par la désignation du premier ministre et de tous les ministres
-travailler dans la transparence et montrer au peuple qu'on est choisi pour améliorer ses conditions de vie et son mode de vie
-lutter contre le chômage qui ravage notre jeunesse qui ne sait à quel marabout se vouer ;par une politique dinsertion graduelle dans la vie active.
Notre pays est à la hauteur de ses ambitions mais il faut que les grands changements sociaux avancent dans le bon sens loin de toute politisation des intérêts des citoyens.
Ahmed hayzoun Q badr Fès.