Rabat, jeudi 24 janvier 2005. Des diplômés chômeurs, en manifestation, essayent d’occuper la place juste devant le Parlement marocain. Les forces des ordres sont là pour les empêcher de « salir » le lieu.

Les envoyés du quotidien arabophone Assabah (Groupe l’Economiste, proche du patronat marocain) nous racontent la scène :
Des jeunes femmes en pleurs, des passants courent, des diplômés essayent d’échapper aux matraques, des claques, des coups de points, une mère de famille essaye de s’éloigner et rassurer son gamin « Ma tkhafch, n’ais pas peur ».
La place du parlement s’est transformée en champs de bataille, d’oppression, de bafouage des libertés. Vulgarités, matraque et claques à volonté. …
A Rabat centre on entend ce jour là les cris de douleur, les sirènes, les ambulances. Des manifestants ont perdu conscience, d’autres transférés aux hôpitaux.
Un chauffeur de Taxi « Ils les ont sauvagement matraqué, ne sont-ils pas nos frères ceux là ? »
Un membre des forces de l’ordre « C’est pour notre pain quotidien »
Un haut gradé répondant à un journaliste : « Ta politique de rien du tout met là dans un morceau de pain et avale le »
Un diplômé « Appelez les urgences, quelqu’un est entrain de mourir »
Un autre diplôme « Le Maroc est à nous » réponse d’un Haut Gradé de l’intérieur énervé « Non, il est à nous ».

Durant plus d’une heure, toujours selon les journalistes de Assabah, les forces de l’ordre ont mené une bataille sanglante. Bilan : plus de 130 blessés, avec des multiples fractures, des pertes de conscience, des vomissements, et des traumatismes.
Ca se passe au Maroc, boulevard Mohamed V à Rabat.