Alaoui, Mustapha eût pu être instituteur, douanier, technicien micros ou vendeur ambulant. Malheureusement il fût et est toujours journaliste. Alaoui, Mustapha est un grand commis d’état qui a comme unique et interminable tache d’enjoliver le Maroc pour nous. Ex présentateur du JT, il n’a eu de cesse de nous montrer la voie et de chanter la noblesse de l’état. Il n’a eu de cesse de dénoncer les « accusations outrancières » des organisations des droits de l’homme. A bas, a bas les « affabulateurs » ! Il n’a eu de cesse de criminaliser les « éléments perturbateurs » qui accablent le maroc. Mort, mort aux « traîtres » ! Il n’a eu de cesse de flatter ses supérieurs et d’apaiser les esprits. Vive, vive le Maroc ! Quand Driss Basri disait le matin « Tazmamart n'existe que dans l'esprit de certains malintentionnés » Alaoui Mustapha nous le répéta le soir. Il nous conta ainsi, pendant de longues années, combien notre pays est un état de droit et combien il y fait bon de vivre. Ah qu’est ce qu’on était heureux en ces temps-là !

« Pourquoi n’a-t-on pas suivi l’exemple de l’Afrique du Sud et de l’Espagne et fermé rapidement ce dossier sans indemnisation au lieu de perdre notre argent (sic !) et notre temps (sic !) ». Il a dit cela, en direct, sans sourciller ! Passons sur l’affirmation complètement erronée concernant l’Espagne et l’Afrique du Sud, et disons au fonctionnaire de télé que ça suffit largement comme ça ! Il aurait mieux fait de se taire, et de laisser sa place, ne serait-ce que pour une émission, à quelqu’un d’autre pour épargner aux victimes cette insultante comédie.

Benzekri, Driss, ancien prisonnier d’opinion et actuel président de l’IER, est un homme courtois qui use et abuse de sa courtoisie et ses termes pesés. Il a réussi, ce soir, un grand exploit dans le parler pour ne rien dire. Et franchement, c'est décevant, très décevant. On lui crédite, quand même, de sa bonne volonté et on lui donnera le temps qu’il faudra, mais s’il veut ne pas passer aux oubliettes de l’histoire, il sait ce qu’il a à faire. A commencer par donner aux familles des disparus quelque choses à enterrer même s’il ne s’agit que d’un bout de doigt, de cheveux ou d’os.

Certains hommes en cravate, alignés côte à côte dans le plateau de ce soir, paraissaient, à tout le moins, cyniques. Certains d’eux savaient ce qui se passait mais fermaient les yeux et bouchaient les oreilles, toute honte tue. S'ils veulent se racheter une virginité en occupant le plateau ils se trompent lourdement. Ils auraient mieux laissé les sièges aux victimes et leurs familles au lieu de s’accrocher à des places qui ne leur ressemblent pas.

Autrement dit, que ceux qui ont manqué à leur devoir de dénonciation de la violence et protection des citoyens, aient pris soin de se mettre en retrait. Une nuit, un instant !

Ca serait déjà justice pour les victimes.