La bande-annonce
Par Larbi le jeudi, janvier 27 2005, 00:10 - Diwan al Madalim - Lien permanent
C’est un homme en colère qui nous regarde. Il est des visages sans noms qui marquent. Il est des visages humains qui portent sur leurs traits l’amertume, le désespoir, les espérances et vies brisées. Cet homme en fait partie. Il crie « nous réclamons nos postes ! ».
Ce sont des manifestants dans une rue. Ils marchent. A l’autre bout des forces de l’ordre attendent... la livraison du jour. Ils vont se croiser, c’est sûr ! Ca va faire mal ! On n’en saura rien pour l’instant. Une main d’homme essaye d’empêcher la caméra de filmer quelque chose ... Une voix off émet un signal de détresse. Nous l’entendons : « Si ceci n’est pas filmé, nous en concluons que tout le monde … ».
Nous n’entendons pas très bien la suite. D’ailleurs, nous ne savons pas entendre. Nous sommes sourdes. Aveugles aussi. Nous avons même oublié de parler de nous ! Nous avons oublié que nous avons dans notre société des diplômés chômeurs, des pauvres, des opprimés, des laissés-pour-compte, des démunis, des affamés, des humiliés, des malades, des sans-voix, des sans-ressources. Mais nos diplômés chômeurs, nos pauvres, nos opprimés, nos laissés-pour-compte, nos démunis, nos affamés, nos humiliés, nos malades, nos sans-voix, nos sans-ressources… Il y a si longtemps que nous les avons oubliés.
C’est une femme qui apparaît sur l’écran. C’est un autre visage sans nom. Il est des visages sans âge. Ni vielle, ni jeune. Un visage marqué par une vie de galères, par les années de dures recherches, par l'amertume et les désillusions, par l’inquiétude et la souffrance. Le temps qui passe, le diplôme qui ne sert pas, le boulot qui n’arrive pas. Le temps est passé, ma brave dame, et seuls les traces sont restées ! Elle nous regarde... avec pudeur… elle dit «Il me faut …le pain quotidien ». Est-ce trop demander ?
Ce sont des manifestants entassés dans une petite salle. Ils scandent des slogans. Ils manifestent leur colère, leur révolte, leur désarroi. Ils ne veulent pas se laisser mourir de désespoir.
« L’équipe de Tahqiq vous fera vivre le quotidien des diplômés chômeurs dans notre pays » nous dit Mohamed Khatam dans une bande annonce diffusée en boucle sur 2M maroc.
« Tahqiq Jeudi 27 janvier à 22h00 » nous dit un bandeau en bas de l'écran.








