MHI numéro 395 -semaine du 26 Novembre au 02 décembre1999

Les ABC d'un jeune marocain
LA RECHERCHE D'UN IDÉAL

Impressionné par le dynamisme que connaît notre pays, j'ose ici pour la première fois de ma vie de m'adresser à un journal marocain pour dévoiler à ses lecteurs tout ce que j'ai pu avoir comme culture politique. Vous êtes priés de pardonner mon ignorance et mes modestes connaissances du paysage politique marocain, je ne suis qu'un produit ­avec tous ses défauts - du Maroc de l'après indépendance.

Partis politiques:

Je n'ai jamais compris pourquoi tout le monde se plaint de l'indifférence de la plupart des jeunes par rapport à notre vie politique, alors qu'il y a une quasi-unanimité sur le fait que la plupart de nos partis politiques ont été fabriqués pour décorer notre démocratie.USFP, PPS, RNI, UC, MDS,..Je suis arrivé enfin à retenir la signification de chacun de ces sigles. Cependant je cherche toujours la différence entre PSD et FFD, USFP et PPS, .
Si j'ai bien compris, des partis politiques ce sont des projets de société. Le Maroc, détient donc, le record des projets applicables à une nation largement devant les USA qui ne sont arrivés à avoir que 2.

Parlement:

Qualifié par feu SM Hassan II par le cirque, je ne comprends pas pourquoi nos chers parlementaires se moquent de l'intelligence de tout un peuple.
Dépassés par la vitesse des réformes de SM le Roi Mohamed VI (un roi jeune pour une population jeune), je croie que ces gens sont incapables de suivre le même rythme. Alors honorables députés et conseillers, ramassez vos affaires et retournez à vos foyers, vos partis et vos courtisans.
Le Maroc est une locomotive qui va maintenant avec une très grande vitesse. Nos deux chambres sont des wagons qui ne sont pas en phase avec cette vitesse. Ils doivent être détachés et remplacés sinon la locomotive va continuer son chemin toute seule.Remarquez que j'étais gentil en évitant de parler du truquage des élections et la manière dont nos vieux parlementaires ont pris leurs sièges au fameux bâtiment du parlement.

Driss Basri:

J'ai grandi comme tous les Marocains de ma génération sous les " bons soins " de si Driss. Et comme tous les Marocains, je n'ai pas aimé cet homme, ses pratiques, son ordinateur électoral et sa raquette de Golf. Basri était pour le Maroc ce qui est le Bug 2000 pour les systèmes informatiques. Après son limogeage, on peut espérer que le Maroc va passer l'an 2000.
J'avoue que j'ai toujours peur du policier du rond point, du Mkadem du quartier et du fonctionnaire de l'arrondissent qui m'accueille toujours avec sa nervosité.
Le Nouveau staff de l'intérieur a beaucoup du travail à faire.

Fkih Basri:

J'ai entendu parler la première fois de cet homme quand j'étais adolescent. J'ai toujours pensé qu'il s'agit du puissant ministre Basri. Je me suis interrogé longtemps pourquoi on a qualifié notre ministre de l'Intérieur par Fkih. Finalement je me suis arrivé à faire la différence entre les deux Basri.
Je suis né 20 ans après l'indépendance du Maroc. On m'a dit que Fkih a fait beaucoup de choses pour notre pays lors du protectorat. Donc je dois respecter cet homme. Toutefois, je n'ai pas du tout apprécié ses " sorties " historiques sur les colonnes d'un quotidien marocain. Certes la génération de l'après indépendance a besoin de connaître son histoire, mais laquelle ? Celle du Fkih Basri , celle des manuels scolaires, celle du commissaire Archane ou encore celle de l'épicier du coin ?
SVP messieurs, pourquoi voulez-vous nous utiliser comme du support pour passer vos messages?

Presse:

Quand j'avais 14 ans, je lisais les articles d'un seul journal partisan. Je me pose la question si tout mon jargon et ma culture politiques ont été influencés par ce journal.
Au milieu des années 90 (quand mon français me l'a permis) j'ai commencé à lire certains titres de la presse indépendante. Aujourd'hui, j'ai déserté la presse partisane et je me sens chaque semaine piégé par la couverture, commercialement bien faite, de la presse indépendante.C'est pour vous dire combien il m'est difficile de trouver une information crédible.

Châtiment et impunité:

A deux pas du vingtième siècle, je ne supporte plus gaspiller mon énergie pour lire les mêmes discours que ceux des années 70.Pauvres concitoyens marocains, le monde change. Chez nous, ce sont les mêmes discours et les même revendications. Il y a des gens qui ont payé trop cher pour l'indépendance de notre pays et ensuite pour sa démocratisation. Il y a des gens qui ont été emprisonnés, enlevés, torturés Ces gens ont la reconnaissance de notre génération et je suis sûr que n'importe quel Marocain ne va pas oublier leurs sacrifices.
Cependant, ils peuvent sacrifier un peu plus en aidant le Maroc à tourner définitivement cette sombre page.
Prenons l'exemple de l'Afrique du sud, malgré leur passé qui est plus douloureux que le nôtre, ils ont réussi à tourner la page pour consacrer leurs efforts au développement démocratique social et économique.
Certes, il y a des gens qui errent dans le pays après tout le mal qu'ils ont fait aux autres. Mais ayant le courage de dire que même notre système juridique (qui a besoin d'une profonde réforme) ne permet pas de les juger. Le plus grand châtiment qu'ils ont reçu, c'est la honte qu'ils sentent devant tous les Marocains. Le départ du Driss Basri est pour nous une deuxième indépendance. Commençons à dater à partir de ce jour. L'an 5 après Basri, nous devrons avoir des élections non contestées. L'an 10 après Basri notre système social et économique doit être capable de concurrencer l'Europe. Les Marocains ont du génie et sont capables de faire du miracle.

Avis de recherche:

Jeune marocain, cherche une entité politique pour l'encadrer, une presse crédible pour l'informer, des dirigeants compétents pour le pousser à donner de son mieux pour son pays.
Presse partisane, actuels parlementaires, membres des bureaux politiques des partis marocains. S'abstenir.

Novembre 1999