En quête de vérités (1): L’Histoire n’oublie pas !
Par Larbi le lundi, novembre 29 2004, 22:39 - IER - Lien permanent
Nous sommes à Agdez. Centre secret de détention et de torture. Voici Mohamed en Jellaba. Voici Chari en Costume. Ils sont avec nous, dans ce sinistre lieu de non-droit où des marocains ont été incarcérés, torturés et parfois mis à mort.
« Nous étions quatorze personnes à entrer ici en 1973. Sept sont mortes sept libérées plusieurs années plus tard. Trois sont mortes juste après la libération. Nous étions quatorze à pénétrer ce lieu, nous en sommes désormais que quatre survivants».
Chari et son compagnon de misère nous font le tour des « propriétaires ». Le commentateur de la deuxième chaîne nationale récapitule : « Chari et Mohamed font partie de ces marocains qui ont été incarcérés pour des raisons politiques. Des années durant ils ont du souffrir des tortures, des mauvais traitements, des conditions terribles et inhumanitaires de la détention. Une partie de leur vie a été volée ici ».
A leur libération, nous explique Mohamed, « ils » nous ont sommé de « la fermer ». « Vous allez sortir mais si vous ouvrez vos gueules il y a d’autres lieus où vous serez bien accueillis ».
Le pardon, Chari ? « On ne peut pas oublier ! » puis s’exprimant en français « la mémoire n’oublie pas ! L’Histoire n’oublie pas ! ». « Pour l’instant nous exigeons la Vérité, parler de ce que s’est passé pour que plus jamais ça !».
Nous sommes à Imilchil avec une brave dame de l’Atlas. Plus de nouvelles de son mari depuis 1973. Elle parle en berbère et on la traduit en arabe. Des mots poignants pour décrire l’insupportable, l'incompréhensible absence. Elle nous met en malaise... Le sentiment déchirant de ne pouvoir que l’écouter.
Elle dit : « Je veux mon mari. Dites moi où il est. Je vous donne ce que vous voulez mais rendez moi mon mari» Elle dit : « Mes enfants me disent où est notre père. Mes voisins m’insultent et me somment de montrer le père de mes enfants ».
Elle dit: « je veux voir mon mari. Mes enfants aussi. Nous volons l’avoir mort ou vivant. Nous voulons le voir le montrer ou gens du madchar . Nous réhabiliter ».
Elle dit : « depuis la triste nuit de son kidnapping, je ne vis plus que dans le passé. Sa disparition m’étouffe ».
Voici encore Aicha. Sa sœur Fadma a disparu à l’âge de 25 ans. Son père a également disparu. Sa mère n’en pouvait plus… elle en est morte.
Aicha est handicapée des membres des suites de tortures. Elle nous montre les blessures que ses bourreaux lui ont infligées. On s’en étonne presque tant que la brave dame est de tout ce qui il y a de bonne mère de famille. Pas la gueule de militante. Une femme ordinaire. Un visage qui recèle sa pauvreté et sa vie rude.
Elle dit « Ils me ligotaient et m’étouffaient avec un chiffon mouillé. Ils me jetaient dans le froid et la neige. Puis ils recommençaient." Elle dit: « Sans cesse, ils me demandaient où se cache mon père. En vain. Ils me mettaient dans une pièce isolée, nue avec seuls mes sous-vêtements ».
Sa sœur Fadma a été kidnappée parce qu’on la soupçonnait de connaître la cachette des rebelles et, circonstance aggravante, … les nourrir.Depuis aicha n’a plus de nouvelles de Fadma. Ni de son père. L’année dernière des officiels sont enfin venus lui remettre le certificat de décès de sa sœur.
Fadma avait 25 ans lorsqu’elle a été kidnappée en 1973. Des circonstances de sa mort on en sait rien. Driss Benzekri promet que vérité sera faite.
L’IER va auditionner en séances publiques une cinquantaine de personnes. Des victimes des années de plomb qui ont un besoin d’« être entendues ».
Ce qui nous fait l’obligation d’entendre.
Cette chronique a été réalisée à partir de la rediffusion du magazine TAHQIQ sur 2M dimanche 28 novembre à 19h00.
« Nous étions quatorze personnes à entrer ici en 1973. Sept sont mortes sept libérées plusieurs années plus tard. Trois sont mortes juste après la libération. Nous étions quatorze à pénétrer ce lieu, nous en sommes désormais que quatre survivants».
Chari et son compagnon de misère nous font le tour des « propriétaires ». Le commentateur de la deuxième chaîne nationale récapitule : « Chari et Mohamed font partie de ces marocains qui ont été incarcérés pour des raisons politiques. Des années durant ils ont du souffrir des tortures, des mauvais traitements, des conditions terribles et inhumanitaires de la détention. Une partie de leur vie a été volée ici ».
A leur libération, nous explique Mohamed, « ils » nous ont sommé de « la fermer ». « Vous allez sortir mais si vous ouvrez vos gueules il y a d’autres lieus où vous serez bien accueillis ».
Le pardon, Chari ? « On ne peut pas oublier ! » puis s’exprimant en français « la mémoire n’oublie pas ! L’Histoire n’oublie pas ! ». « Pour l’instant nous exigeons la Vérité, parler de ce que s’est passé pour que plus jamais ça !».
Nous sommes à Imilchil avec une brave dame de l’Atlas. Plus de nouvelles de son mari depuis 1973. Elle parle en berbère et on la traduit en arabe. Des mots poignants pour décrire l’insupportable, l'incompréhensible absence. Elle nous met en malaise... Le sentiment déchirant de ne pouvoir que l’écouter.
Elle dit : « Je veux mon mari. Dites moi où il est. Je vous donne ce que vous voulez mais rendez moi mon mari» Elle dit : « Mes enfants me disent où est notre père. Mes voisins m’insultent et me somment de montrer le père de mes enfants ».
Elle dit: « je veux voir mon mari. Mes enfants aussi. Nous volons l’avoir mort ou vivant. Nous voulons le voir le montrer ou gens du madchar . Nous réhabiliter ».
Elle dit : « depuis la triste nuit de son kidnapping, je ne vis plus que dans le passé. Sa disparition m’étouffe ».
Voici encore Aicha. Sa sœur Fadma a disparu à l’âge de 25 ans. Son père a également disparu. Sa mère n’en pouvait plus… elle en est morte.
Aicha est handicapée des membres des suites de tortures. Elle nous montre les blessures que ses bourreaux lui ont infligées. On s’en étonne presque tant que la brave dame est de tout ce qui il y a de bonne mère de famille. Pas la gueule de militante. Une femme ordinaire. Un visage qui recèle sa pauvreté et sa vie rude.
Elle dit « Ils me ligotaient et m’étouffaient avec un chiffon mouillé. Ils me jetaient dans le froid et la neige. Puis ils recommençaient." Elle dit: « Sans cesse, ils me demandaient où se cache mon père. En vain. Ils me mettaient dans une pièce isolée, nue avec seuls mes sous-vêtements ».
Sa sœur Fadma a été kidnappée parce qu’on la soupçonnait de connaître la cachette des rebelles et, circonstance aggravante, … les nourrir.Depuis aicha n’a plus de nouvelles de Fadma. Ni de son père. L’année dernière des officiels sont enfin venus lui remettre le certificat de décès de sa sœur.
Fadma avait 25 ans lorsqu’elle a été kidnappée en 1973. Des circonstances de sa mort on en sait rien. Driss Benzekri promet que vérité sera faite.
L’IER va auditionner en séances publiques une cinquantaine de personnes. Des victimes des années de plomb qui ont un besoin d’« être entendues ».
Ce qui nous fait l’obligation d’entendre.
Cette chronique a été réalisée à partir de la rediffusion du magazine TAHQIQ sur 2M dimanche 28 novembre à 19h00.









Commentaires
Ainsi Larbi, pour toi un militant doit avoir une marque spciale
Il est vrai quand jau vu la brave dame la tl je my attendais pas du tout (certains amis aussi).
Maintenant est ce que cela justifie une certaine classification des gens en fonction de leur apparence en militable et non militable ? Je ne pense pas. Et je reconnais ma faute.