A l’aéroport militaire de Villacoublay, le brouillard donne au ciel un aspect lourd et triste. Un hélicoptère vient d’atterrir en provenance de l’hôpital militaire de Percy.

La veuve du Président Palestinien descend et prend place à droite du premier ministre Jean-Pierre Raffarin. Jean-Louis Debré, président de l’assemblée nationale est là. Michel Barnier ministre des affaires étrangères est là. Nabil Chaath est là. Plusieurs officiels français et palestiniens sont là. On reconnaît aussi Dalil Boubakeur recteur de la mosquée de Paris.

On fait descendre le cercueil de Yasser Arafat, recouvert du drapeau palestinien. Des hommes de l'armée de terre porte la dépouille. Chagrin et émotion. La sonnerie aux morts jouée par la garde républicaine française en rajoute et couvre l’aéroport d’une profonde tristesse sous un ciel pâle.

Une grande peine à croire que là, sous ce cercueil, c’est le corps de Yasser Arafat qui se repose. Repos, pas d’autres mots. Une vie entière dédiée à plaider la cause de son peuple. D’accord pas d’accord. Mais personne ne peut le nier. Il a fait des fautes, certes, mais qui mieux que lui a su incarner pendant un demi-siècle le combat des palestiniens pour l’indépendance ? Arafat la Palestine !

« Le président Arafat restera à jamais un symbole d’héroïsme pour tous les peuples du monde qui luttent pour la justice et la liberté », dixit Nelson Mandela.

Cette vie achevée s’est conclue ce soir en France à des centaines de milliers de kilomètres de la Palestine.

La fanfare militaire arrête la sonnerie aux morts. On entend à présent résonner la Marseillaise et l'hymne national palestinien. Sur Al Jazera , LCI , CNN, BBC et les chaînes de télévision mondiales on entend en direct l’hymne de la Palestine. Arafat n’a pas pu créer un état, mais il a su lui donner un drapeau, un hymne ! Sans lui la communauté internationale aurait peut être envoyé son peuple aux oubliettes de l’histoire.

Au chant de l'hymne palestinien gros plan des caméras de télévision. Souha Arafat pleure. On ressent une vraie tristesse. Nabil Chaath pleure. Dans les rangs de derrière, des officiels palestiniens pleurent.

La fanfare militaire recommence la sonnerie aux morts. Les gardes républicains mettent le cercueil à bord d'un Airbus .

17h35, Yasser Arafat peut entamer son dernier voyage au Caire puis à Ramallah. Là où il a été assiégé par l’occupant et lâché par la communauté internationale à commencer par le soi-disant monde arabe.

Un ultime voyage vers son bout de Palestine à lui.