Comme une bouteille jetée à la mer!

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Coup de Coeur

Coup de Coeur: LECTURE MUSIQUE ART...

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mercredi, février 14 2007

Le « Baiser » de Doisneau à l’Hôtel de Ville


Plus que quelques jours avant la clôture de l’Expo Robert Doisneau à l’Hôtel de Ville de Paris.

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dimanche, janvier 14 2007

Apocalypto : Sanguinaire mais beau


Que dire du dernier Mel Gibson « Apocalypto » si ce n’est que c’est un film spectaculaire, très original et qui mérite d’être vu.

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dimanche, octobre 15 2006

Avec les « jeunes » au Grand Palais




Renaud Donnedieu de Vabres , ministre de la culture, a eu l’ingénieuse idée de confier les clés du Grand Palais aux jeunes des quartiers durant ce week-end.

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lundi, août 28 2006

J 'aurais juste voulu ...

...être un homme dans ma vie. Pas un terroriste.



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mercredi, juin 14 2006

La mollesse des temps

Ce week-end à L'Espace Salvador DALÍ (c'est à Montmartre à côté de la basilique du Sacré-cœur, pour ceux qui veulent y aller) je me suis longtemps attardé devant « la persistance de la mémoire » une sculpture du peintre surréaliste espagnol.

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vendredi, avril 14 2006

Ciel, Michel Butor est vivant !

Quelle n'a pas été ma surprise quand j'ai découvert, en lisant hier le Monde des livres, que le romancier français Michel Butor est toujours vivant. Je ne sais pas pour quelle raison je pensais que cet écrivain du mouvement littéraire « Le Nouveau Roman» est mort alors, qu’à 80 ans, il est toujours de notre monde.

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dimanche, février 26 2006

Le Maroc à l'affiche




Depuis quelques semaines, ces deux affiches ornent les couloirs du métro parisien. Et ça fait plaisir.

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jeudi, juillet 7 2005

Ali Zaoua

On déambulait dans les rues, tous le trois, sans Ali. Comme des fantômes.
Omar et moi, on a sniffé le fond de Silucione qui nous restait. La Silucione, c’est une colle qui sent fort. C’est à cause d’elle qu’on nous appelle les Chemkaras. Souvent, on la respire quand on a trop faim. Quand on a peur aussi…

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vendredi, mai 13 2005

7ème édition du Boulevard des Jeunes Musiciens

Cette année, les bénévoles de la Fédération des oeuvres laïques vous donnent rendez-vous du 2 au 5 juin 2005 à Casablanca pour la 7ème édition du Boulevard des Jeunes Musiciens.

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jeudi, avril 7 2005

Le Maroc des festivals




(Photo : Festival de Gnawa – Essaouira 2003 )

Il existe une vraie vie culturelle au maroc. Il suffit de voir le nombre et la diversité des festivals qui y sont organisés chaque année.

Le plus connu et le plus élitiste est sans doute le Festival de Fès des Musiques Sacrées du Monde. Au menu : Musique, chant et spiritualité. En marge du festival un colloque est habituellement organisé. Il aura pour thème cette année « Une âme pour la mondialisation ».

Le Festival Gnaoua et Musiques du Monde d'Essaouira fait un tabac chez les plus jeunes. Il a le mérité d’être ouvert à tout le monde (d’ailleurs c’est le seul que j’ai visité parmi ceux cités dans ce billet). En 2004, plus de 400.000 personnes ont vibré aux rythmes de Doudou N'Diaye Rose, Hoba Hoba Spirit, Dayzine, le Maâlem Ham… Ce qui fait le charme de ce festival c’est l’extraordinaire ambiance de vraie fête collective. On se croirait dans une rave partie française. Tout est dit dans le slogan : « Pour construire des passerelles entre les peuples, les générations et les cultures du monde … ». Bref, si vous voulez passer un week-end sympa, sans prise de tête, courrez-y : c’est à Essaouira du 23 au 26 juin.

La ville de Marrakech, qui ne se présente plus, honore quant à elle la musique traditionnelle marocaine. Aabidat rma, chants haouzis, danses berbères et chaouies et autres musiques marocaines prennent rendez-vous au Festival national des arts populaires de Marrakech. Des animations sont organisées dans les places de la ville notamment Jamaa Lafna créant une surprenante rencontre entre le son, le texte et l'espace.

La capitale n’est pas du reste. Elle accueille le Festival Jazz aux Oudayas (du 27 au 31 mai pour 2005). Cette rencontre est organisée grâce aux concours de la Délégation de la Commission européenne à Rabat. Le jazz n’étant pas ma tasse de café je n’en dirais pas plus.

Bien entendu cette liste n’est pas exhaustive. Loin de ça. Ce n'est qu'un avant goût ….

mercredi, mars 9 2005

Musique : The R.E.G. Project II


Cet album est malheureusement peu connu du grand public. Je suis sûr que dès vous l’écoutez vous allez tomber sous le charme.

The R.E.G. Project (deux albums) est le fruit d’une collaboration entre le producteur Claude Challe et trois jeunes mixeurs libanais : Ralph, Elie, Guy (d’où R.E.G).

Le résultat est tout simplement extraordinaire ! Je n’ai jamais autant aimé la musique arabe !

Un mélange étonnement doux et délicieux des classiques arabes et de la musique éléctro. Oum kaltoum revisitée, Oriental, Warda, Sonorités modernes… : Le mixe est très très bien réussi et on ne se lasse pas de le réécouter à longueur de temps.

Pour la petite histoire : Fautes d’avoir trouvé l’album sur le P2P, j’ai été « obligé » de l’acheter chez VirginMega. C’est la première fois que j’utilise ce service de téléchargement « légal » et payant de la musique.

Pour ceux qui ne connaissent pas le service voici quelques éléments que j’ai découverts à travers mon achat chez Virgin (le service est également disponible sur Fnac.com ) :
- La musique est disponible sous format de téléchargement WMA et non support CD
- On peut acheter soit l’album tout entier, soit titre par titre ( 0,99 euros le titre)
- On peut écouter des extraits avant d’acheter
- Grand inconvénient : Pour la lecture il faut absolument utiliser Windows Media (version 9 et plus) histoire de contrôler les droits.
- Le nombre de copie est limité et contrôlé (technologie WMA). Sont autorisés au maximum sept gravures sur CD et cinq transferts sur Baladeur numérique.

Encore une fois, achetez cet album, il le mérite vraiment !

dimanche, février 27 2005

Césars 2005 : Triomphe surprise pour Abdellatif Kechiche

«L'Esquive» d'Abdellatif Kechiche a crée la surprise hier soir aux césars du cinéma français.
Il a raflé quatre prix : Meilleur film, Meilleur réalisateur (Abdellatif Kechiche), Meilleur espoir féminin (Sara Forestier) et Meilleur scénario original ou adaptation (Abdellatif Kechiche et Ghalya Lacroix ).

C’est une surprise parce que le film n’a enregistré « que » 300.000 entrées en France lors de sa sortie en janvier 2004. Ce chiffre est dû uniquement à un bouche-a-oreille très favorable. Tourné en banlieue parisienne, les acteurs sont des amateurs majoritairement d’origine maghrébine. Enfin, selon la presse, le budget du film était dérisoire. Il a été réalisé quasiment sans aucune aide.

Ce film est le deuxième long métrage du cinéaste franco-tunisien Abdellatif Kechiche (après « La faute à Voltaire »).

Je n’ai pas regardé le film lors de sa sortie l’an dernier (mon goût un peu commercial oblige :) , je vais acheter cependant le DVD déjà en vente notamment à la FNAC .

Et comme l'avait bien Gad El Maleh à la fin de la cérémonie : « L’équipe de l’Esquive, Tbrakellah aalikoum)

Critiques Presse

L'Humanité - Michaël Melinard
Excellent directeur d'acteurs (...), le cinéaste s'est aussi remarquablement acclimaté aux obstacles liés à l'économie de survie du film. La banlieue comme théâtre de jeu, des jeunes de cités comme comédiens principaux, l'Esquive est un audacieux pari admirablement réussi par le cinéaste.

Libération - Philippe Azoury
(...) même s'il est un film très découpé, réussissant en quelques plans de nuques un exploit de sensualité et d'observation, la première qualité de l'Esquive n'est pas de vouloir exister coûte que coûte comme film de cinéma. Mais, à l'inverse, d'embrouiller le jeu de nos références en partant des codes connus (...)

Aden - Philippe Piazzo
C'est (...) cette impression de densité et de justesse qui tenaille le spectateur. Puis c'est la profondeur du thème et de ses développements qui ne vous lâche pas. Car il est certain, à voir la force que déploie le film aujourd'hui sur l'écran, que L'Esquive (...) est un film qui va devenir une référence.

Le Monde - Florence Colombani
Abdellatif Kechiche filme la parole en marche avec fièvre, mû par une urgence qui donne au film une grande puissance artistique.

Télérama - Pierre Murat
(....) avec l'aide de comédiens amateurs étonnants de vigueur et de fraîcheur (...), il (Abdellatif Kechiche) réussit l'alliance rare de la lucidité et de l'espoir. L'Esquive décrit, donc, le monde tel qu'il est et le rêve tel qu'il pourrait être. C'est, au sens le plus noble du terme, un film politique. Et un film politique superbe.

Les Inrockuptibles - Serge Kaganski
Croisement subtil du réel et du théâtre où s'éprouvent les perpétuels jeux de l'amour et du hasard. Porté par des dialogues incandescents et de jeunes acteurs électriques, L'Esquive d'Abdellatif Kechiche met délicatement à nu certaines fractures de la société française.

Le Nouvel Observateur - Pascal Mérigeau
Tout va si vite, tout est si fluide que l'on se dit que c'est forcèment la vie. On ne se trompe pas et pourtant on n'a pas raison : c'est beaucoup mieux que cela, c'est du cinéma, qui offre de considérer la vie des autres au miroir de la sienne propre. Du cinéma pensé, réfléchi, travaillé.

mardi, février 1 2005

Exposition Les miniatures de YAE


Vernissage de l'exposition de Youssouf Amine Elalamy : "miniatures" le mardi 8 février 2005 à partir de 19h à la Villa des Arts

Adresse: 30, Bd. Brahim Roudani - Casablanca - Maroc / Tél. 022 29 50 87.

L'exposition se tiendra du 8 février au 8 mars 2005.

Miniatures, Youssouf Amine Elalamy,
éditions hors’champs
Textes + images
120 pages
dimension 11cm x 15cm
prix 12 €, Maroc 65 dh

Lire aussi:
Interview Youssouf Amine Elalamy: "Ma patera, c'est l'écriture"
Le Maroc de YAE

mercredi, janvier 26 2005

Calligraphie : Brahim BOUCHEIKHA


24 ans et beaucoup de talent !
Né en 1981, Brahim BOUCHEIKHA est un passionné du dessin de lettre et de la calligraphie. Il est actuellement étudiant à l’Ecole de Communication Visuelle (Paris).

Sur son site, il nous fait découvrir ses réalisations : Calligraphie, affiches, logos, édition.

Que de belles choses !

jeudi, janvier 6 2005

MADE IN MOROCCO – VIVE L’ART


Il s’appelle ABDELLATIF, il a 29 ans et il est lauréat des Beaux-arts de Casablanca.

Il fait des choses magnifiques ! Des choses vraiment splendides !

Pour les découvrir visitez son site : MADE IN MOROCCO – VIVE L’ART

http://www.kalamour.tk/

En voici un avant goût :


By FARHATE ABDELLATIF (Tous droits réservés )

samedi, novembre 20 2004

Hoba Hoba Spirit Le Site Officiel

Je viens de découvrir le site officiel de « Hoba Hoba spirit ».
Si vous ne les connaissez pas, et bien sachez que c’est une bande de casablancais qui excelle dans un genre de musique bien particulier : un mélange de folk, rock, reggae et de gnaoui.
Ils font partie de cette extraordinaire génération de jeunes marocains, rebelles et anti-conformistes, qui font leur révolution artistique et culturelle… et dont en parle, malheureusement, très peu.

Adresse du site :
http://www.hobahobaspirit.com
(Hobaba Story, Hoba Attitude, Hoba Inspirations, Les concerts, Galerie Potos, Paroles, Téléchargement)

Nom : Hoba Hoba spirit
Age du groupe : 6 ans
Ville : Casablanca
Style musical : Fusion entre musique marocaine, rock et reggae
Ce qu’il faut dire : Désormais une référence. Leur devise "la haïha musique" et ils y sont fidèles, car chaque chanson a sa propre identité. Leur inspiration tient en un seul mot : la réalité, toute la réalité.
Ils ont dit : "le tout est de dire des choses importantes sans se prendre au sérieux"

mardi, novembre 16 2004

Musique: Awdellil


Tout ce qu’on sait de lui tient en une phrase. Noureddine, 22 ans, étudiant en ingénierie informatique en France. Le jeune homme cultive un goût certain pour l’anonymat et on n’est pas près de voir son visage. Avec un maigre répertoire de trois tubes diffusés anonymement sur Internet, Raw Daw, Messaoud et Samia we L'ghalia, il est plus célèbre et que n’importe quel autre artiste de sa génération. Et il n’est pas faux ni exagéré de le dire, il est sans doute aussi le plus talentueux dans son genre.
Son secret, de la créativité à revendre, des mots crus, de l’humour corrosif et un sens inné de la narration. Des ingrédients qui en ont fait l’idole de milliers de jeunes.
Mais ce qui lui vaut son aura par-dessus tout, c’est le désintéressement qu’il affiche à l’égard de la célébrité. "Je veux rester libre", se contente-t-il de répondre à tout ceux qui tentent de résoudre son énigme. Une énigme qu’il s’apprête à entretenir avec la sortie prochaine d’un nouveau tube de l’ombre.
(Telquel)

Pour télécharger les mp3 de Awdellil (libre de droits)

Paroles de "Messaoud"
Dans un village aux environs d'Ifrane, un vieillard passait sur sa mule. Attiré par des cris d'enfant, il découvrit dans les buissons un nouveau-né, bleui par le froid. Ses cris firent peur à la mule, qui se cabra. De sa patte, elle écrasa la jambe du bébé. C'est ainsi que commença l'histoire de Messaoud le maudit, l'homme que la poisse ne lâcha jamais.
Les jours passèrent, Messaoud grandit dans la cabane du vieux et sa femme, mangeant rarement à sa faim. Les catastrophes se succédèrent, jusqu'au jour du drame. Messaoud n'avait que cinq ans. C'était un lundi de fête, il s'était réveillé tout content. Voulant jouer avec un pétard, il mit le feu aux couvertures. Les deux vieux moururent dans l'incendie !
(Refrain)
Pourquoi la vie en a-t-elle après Messaoud ? Pourquoi toutes les portes se referment-elles sur lui ? Pourquoi est-il autant marqué par la poisse ? Pourquoi lui ?
Messaoud atterrit dans un orphelinat à Meknès. Pendant 5 ans, il se fit casser la gueule par tous ceux qui passèrent. Son visage en conserva les traces. L'école ? Il n'y comprit strictement rien. Jusqu'au jour où il en eut marre et fugua. Ce soir là, il dormit seul, dans le froid d'un terrain vague. Ali Boulahya passait par là. Il attira Messaoud derrière la décharge et hmm… jusqu'à la garde !
(Refrain)
Messaoud vécut en clochard jusqu'à ses seize ans. L'âge des fantasmes, même s'il louchait et qu'il avait le pif de travers. Complexé à l'excès, il aperçut, un jour, une bonne étendant le linge sur un balcon. Elle lui fit un signe et sourit. Le pauvre en perdit ses moyens. Chaque jour, il revint guetter sous la fenêtre. Un matin, elle descendit enfin. Ayant une course à faire, elle lui donna rendez-vous à 9 heures. Messaoud resta à l'attendre, tremblant d'excitation. À l'heure dite, il eut à peine le temps de la voir traverser… quand elle se fit écraser par un bus qui passait !
(refrain)
Messaoud, détruit, sombra dans la fume et la sniffe. Un jour, un islamiste le vit, et le conduisit à une mosquée de riches. Il lui servit à manger, lui apprit à prier et à s'exprimer. Messaoud, fier de sa nouvelle fonction, se mit à orienter les gens. Il fit le tour des mosquées, rameuta les jeunes et se fit un peu d'argent. Vint le jour où il fut appelé pour le jihad. Il prit l'avion, tout content de rencontrer Ben Laden. Arrivé au camp, on lui donna une arme et on lui dit : "Ne bouge plus d'ici, tire sur tout ce qui bouge, ta place au paradis est garantie". Messaoud se figea sur place deux jours durant. Dans un moment d'inattention, zdaou ! Un Américain lui donna un coup sur la tête. À son réveil, il se retrouva en cellule, avec un Pakistanais, qui lui souriait bizarrement. Messaoud hurla de dépit : c'était à nouveau Ali Boulahya !
(Refrain)
Messaoud passa un an difficile, avec Ali Boulahya. La poisse le poursuivait tant que les Américains le renvoyèrent au Maroc. De retour au pays, chômeur et sans abri, il frôla la folie. C'est là qu'il rencontra Mhammed le violoniste. Avec lui, il fit la manche et récolta quelques pièces. Mhammed lui confia qu'il avait un plan pour "brûler" en Espagne. Messaoud fut tout content à l'idée de fuir ce pays maudit. Arrivés à la frontière avec Sebta, ils se glissèrent dans un camion de poissons. Mhammed s'en tira, Messaoud mourut frigorifié.Pourquoi Messaoud est-il mort ? Pourquoi la poisse lui collait-elle tant ? Pourquoi lui ?

lundi, novembre 8 2004

... et puis un jour, plus rien. L'horloge s'arrête.

"Au Café Salam, je sers et je fais attention, et le reste du temps, je frotte. Je balaye, je passe la serpillière et je frotte. Je le fais tous les soirs pour être tranquille après. Je frotte. Les cendres, les grains de sucre, les ronds de café sur les tables, les taches sur le parterre ..
Je m'en souviens encore parce que c'est le jour où l'horloge s'est arrêtée. Des années à se balancer, à suivre le temps à la trace, pour dire c'est l'heure de fermer, de chercher les petits à l'école, d'en fumer une, de rappeler l'autre gars, d'acheter le journal avec les mots fléchés, de miser le 4 le 9 et le 3...
et puis un jour, plus rien. L'horloge s'arrête. A quatre heures treize. Et pas douze. Pas avant et pas après non plus. Va comprendre pourquoi ! Il faudrait être une horloge pour le comprendre ou peut-être simplement une montre, qui sait.

Ce jour-là, j'ai pas balayé. J'ai pas passé le serpillière et pas nettoyé non plus pour être tranquille après. J'ai pas vidé les cendriers. J'ai pas essuyé les grains de sucre et les ronds de café. J'ai pas mis de savon ni frotté le parterre, non. J'ai juste retiré mon tablier et je suis parti.

Là-bas, du côté de la mer. Un jour, une horloge choisit de s'arrêter, un homme décide de tourner la page, et moi de partir. C'est comme ça. C'est tout. "

Youssouf Amine Elalamy

"Les clandestins", Éditions Eddif, Éditions Au diable vauvert.

Lire aussi:
Youssouf Amine Elalamy, un drôle de poisson (par Maya Larguet)